Bao

Bao | Street artiste

Biographie

Bao est exceptionnelle : street artiste féminine née et résidente à Hong Kong, dans une ville qui a longtemps disposé d’une brigade de nettoyage capable de faire disparaître intégralement toute fresque illégale en moins de 24h. Même si la ville est aujourd’hui plus ouverte, autant dire que Hong Kong n’est pas la place la plus dédiée à l’art urbain, ce qui accentue la difficulté de percer dans cet univers asiatique, qui plus est assez machiste.

Son talent n’a d’égal que sa créativité : évoluant dans un monde joyeux qui n’est pas sans rappeler les mangas, ses fresques, riches de détails et de personnages entremêlés, nous renvoient aux mondes merveilleux et imaginaires de notre enfance.

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Bao a un sens aigu du dessin et transcrit des émotions fortes au travers de ses œuvres. Qu’ils soient hommes, femmes, créatures ou animaux, tous ses personnages reflètent des sentiments humanisant ses scènes. Et des créatures il y en a pléthore : qu’elles soient sous-marines, venues de l’espace, naviguant dans des mondes parallèles, Bao crée sans relâche des univers décalés dans lesquels tous les personnages se côtoient et dansent ensemble, pour notre plus grand plaisir.

Bao sait ce qu’elle veut et le réalise. Elle travaille généralement vite, terminant souvent ses œuvres d’une traite. La préparation est essentielle pour être efficace et rapide lors de la réalisation des fresques. Passé le temps de la réflexion, on a le sentiment que l’action devient nécessaire et qu’il est temps de réaliser l’œuvre élaborée dans sa tête. C’est alors que Bao s’anime et applique ses coups de pinceaux avec précision et rigueur, dévoilant progressivement les personnages et les liens qui les relient aux paysages de ses fresques.

Petit bout de femme talentueuse, sympa, ouverte et simple, Bao nous transporte dans son monde et nous fait partager ses moments de tendresse et d’espièglerie.

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Interview de BAO

Comment te définis-tu ? Pourquoi ?

Je ne pense pas vraiment que je suis une artiste. Je fais juste ce que j’aime et j’apprécie vraiment parce que je suis capable de vivre avec.

Pour l’instant, je fais plus d’illustration et de street art. Mais en fait, je fais tout ce qui me plaît.

Quelle est ton histoire ? Quelles sont les raisons qui t’ont poussée à peindre ?

J’ai été graphiste pendant 6 ou 7 ans et j’ai travaillé dans un bureau. Mais j’ai réalisé que ce n’était pas ce que je voulais faire. J’ai donc quitté mon travail et j’ai commencé à voyager à travers le monde.

Quand j’étais en Italie, j’ai rencontré des graffeurs locaux et ils m’ont fait découvrir le monde des arts de la rue. J’aime les arts de la rue parce qu’ils sont destinés au public. C’est totalement différent de la peinture sur toile. Pour moi, c’est comme communiquer avec les gens.

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Qu’est-ce qui t’inspire ?

J’aime les mangas depuis que je suis enfant. C’est ce qui m’a fait commencer à dessiner. La plupart de mon inspiration vient des mangas.

Quel est ton « terrain de jeu » préféré ?

Le mur est mon terrain de jeu, c’est sûr. Je rêve toujours de peindre des murs de plus en plus grands.

Quel est le matériel et quelles sont les techniques que tu utilises ?

Pour peindre sur les murs, j’utilise surtout de la peinture et des pinceaux, mais parfois aussi de la peinture en aérosol. Pour l’illustration, dernièrement, je n’utilise que l’iPad. C’est très pratique, mais j’essaie aussi de revenir au crayon et au papier ou à la toile.

Quel est le projet le plus important sur lequel tu as travaillé ? Pourquoi ?

L’année dernière, j’ai travaillé avec Tumi pour une collection de voyage avec valise, sacs et étiquette de bagage. J’étais très heureuse de voyager avec ma propre valise.

Quels sont les principaux artistes qui t’ont inspiré au départ ?

Miyazaki Hayao : ses films d’animation m’ont montré un autre monde.

Tim Burton était mon mentor du côté obscur.

Quels sont les principaux artistes qui te font vibrer aujourd’hui ?

Les mêmes que précédemment.

Selon toi, l’art urbain a-t-il un impact sur la vie des gens ?

Ce que j’aime dans l’art de la rue, c’est qu’il est destiné au public. N’importe qui peut le voir et le toucher ou même peindre par-dessus.

Il n’est pas nécessaire d’être un “artiste professionnel”. Tu n’as pas besoin d’une formation artistique professionnelle. Tu peux inventer ta propre histoire à partir de l’art de la rue que tu as vu et qui t’inspire.

Ça peut entrer à tout moment dans ta vie et, un jour, tu te retrouves à passer devant ta propre fresque tous les jours sur le chemin du travail ou en rentrant chez toi.

Penses-tu que ton travail interroge la société ? De quelle manière ?

Je ne le pense pas vraiment. Je fais juste ce que j’aime faire et si cela rend les gens heureux, je le suis aussi.

Le concept Drip’in est d’amener l’art urbain dans les foyers. Notre objet emblématique est un train blanc, que nous laissons librement entre les mains des artistes. Pourquoi as-tu choisi de collaborer à ce ” Cover It Project ” ?

Comme je l’ai dit, je suis heureuse que mon travail entre dans la vie de quelqu’un. J’espère remonter le moral des gens.