Street art

Le street art est le plus grand mouvement artistique de ce début de siècle

Il est aujourd’hui présent sur tous les continents, dans toutes les villes de taille moyenne, dans tous les quartiers en friche, dans les campagnes et jusque dans les déserts.

Rien n’égale le street art en termes de progression et de visibilité. De fait, ce mouvement, impulsé aux Etats-Unis à la fin des années 60, n’a de cesse de se déployer dans le monde.
Certains pays sont encore relativement fermés sur cet art et la culture urbaine en général, mais il y est toutefois visible au travers de graffiti dénonciateurs ou contestataires, de fresques commissionnées ou de pièces peintes en vandale dans la rue.

Art de propagande vs street art

 

En réalité, les pays totalitaires ou autocratiques, la plupart hermétiques au street art libre, sont pour partie utilisateurs depuis longtemps de l’art comme support de propagande. On le retrouve dans nombre de régimes, comme en Corée du Nord, au Vietnam, en Biélorussie ou en Chine.
Dans ces pays, les artistes peignent de gigantesques fresques à la gloire de leurs donneurs d’ordre, visibles par le plus grand nombre.

Art et propagande - photo The Diplomat

Dans ces deux cas, l’espace public est utilisé pour des causes qui s’opposent justement. L’art libre contre l’art totalitaire, l’art libre qui dénonce ce que l’art totalitaire vante… Quelle que soit la forme, l’art urbain couvre tous les continents.

Le mouvement s’amplifie à un rythme sans précèdent dans l’ensemble du monde.

Ce mouvement puissant est renforcé par tous les éléments de la street culture : la mode, la musique, et l’ensemble des arts pratiqués dans la rue. Ces courants culturels sont aujourd’hui véhiculés massivement sur les réseaux sociaux, ce qui tend à augmenter significativement leur visibilité et par la même leur expansion.

S’il est institutionnel dans certaines villes, le street art reste toujours réprimé dans la quasi-totalité du monde. C’est certainement un des éléments moteurs de ce mouvement artistique. En effet, cette culture provenant du Bronx, contestataire, antisystème, affiliée aux gangs, a contribué à forger ce côté vandale.

Le street art et les trains

Depuis les années 80, un nombre considérable d’urbains des villes du monde a ainsi vu les trains et métros être pris pour cible par les graffeurs, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Les graffitis sont de toutes tailles, selon le temps laissé aux artistes lors de leurs descentes nocturnes dans les dépôts. Au fil des décennies, les municipalités et sociétés ferroviaires ont mis en place des brigades pour empêcher les graffeurs de peindre.
Des artistes comme Azyle ou le crew 1UP sont à leur manière représentatifs aujourd’hui du gigantisme de ces œuvres couvrant des rames entières.

Berlin - 1UP crew graffiti
Whole RATP car Azyle

le train, moyen d’expression historique

Si les trains ont été pris d’assaut, c’est principalement en raison de leur capacité à véhiculer les œuvres des artistes. En effet, le train est un moyen simple de toucher une exposition plus large, dans les gares et les régions traversées. Les artistes américains de l’époque avaient déjà saisi l’enjeu de la visibilité, et ce, bien avant l’avènement des réseaux sociaux.

Malgré les possibilités multiples offertes aujourd’hui de présenter son travail, les trains et métros restent un moyen d’expression historique. Outre le gout du risque et de l’adrénaline nécessaire à la réalisation des pièces, taper un train est un défi pour de nombreux graffeurs et artistes. Cette pérennité d’action joue certainement dans cette perception de vandale qui colle au street art depuis ses débuts.

L’art urbain s’institutionalise progressivement

 

En parallèle, cela fait des années que l’art urbain est entré dans une phase plus institutionnelle. Les villes des pays industrialisés ont compris l’importance du mouvement et le besoin de travailler avec les artistes plutôt que de systématiquement s’opposer.
Pour les municipalités les plus engagées, c’est même l’opportunité de générer une attractivité nouvelle, à différents niveaux. En effet, les villes rivalisent aujourd’hui pour attirer les talents et retenir leurs habitants. L’exode industriel, conséquence de la mondialisation, a mis à mal bon nombre de cités autrefois prospères, aux Etats-Unis comme en Europe.

Les villes industrielles ont mis beaucoup de temps à se renouveler et tourner la page des années fastes. Longtemps centrées sur la préservation des derniers emplois et l’espoir d’un renouveau jamais arrivé, ces villes ont perdu leur attraits. Les banlieues ont fleuri, entrainant parfois la disparition des centres-villes historiques.
Le cas le plus emblématique de la déshérence urbaine est Detroit, aux Etats-Unis, ville qui a subi un déclin massif, le nombre d’habitants étant aujourd’hui trois fois moins important qu’à l’apogée industrielle de la ville en 1950.

Le rôle de l’histoire

L’Histoire a elle aussi joué un rôle dans l’abandon de zones urbaines entières. Ainsi, après la chute du mur de Berlin en 1989, la ville s’est retrouvée avec une disparité entre les deux anciennes parties Est et Ouest qui a provoqué d’intenses changements urbains durant près de 15 ans.

Les guerres et conflits dans le monde au siècle dernier ont souvent entrainé des déplacements de population, imposant la restructuration des régions et villes impactées par nombre de lieux abandonnés ou détruits.

A l’extrême, ce peut être la fermeture totale de régions ou villes entières, telles Tchernobyl et l’abandon de la ville de Pripiat, ou la région de Fukushima lors du dernier accident nucléaire.

Les villes se réinventent

 

Enfin, la mobilité n’a cessé de croitre dans le monde. Face à ces mouvements, les villes ont dû se réinventer, favorisant entre autres la culture urbaine et ses arts. Les friches industrielles sont progressivement transformées en nouveaux quartiers renaissants de leur abandon. La dynamique opère dans la plupart des pays, où l’on observe une influence massive du street art dans les villes de tailles moyennes à importantes.

La culture urbaine entraine un renouveau économique de ces quartiers revitalisés. Des commerces, entreprises, services se développent. La visibilité et la mobilité croissantes des artistes participent de ce développement. A titre d’exemple, les City Art tours sont directement nés de cette visibilité accrue et favorisent le développement économique local.

Les villes concourent aujourd’hui au podium de l’attractivité et nul doute que l’art urbain est un élément aujourd’hui prépondérant dans cette dernière.

Un art vandale

Cette volonté des villes à s’assoir aux côtés des associations et artistes pour créer ensemble les espaces remodelés a favorisé une ouverture sur une réalité des artistes. Quelle que soit leur notoriété en effet, ils sont toujours considérés comme vandales et beaucoup restent dans l’ombre de leurs blazes. Certains artistes de renommée mondiale, comme Takashi Murakami ou Shepard Fairey se font arrêter et payent des amendes pour des fresques peintes sur des murs non autorisés.

Cela montre les difficultés persistantes de cet art qui est à la fois représenté dans les galeries, les ventes aux enchères ou les musées, tout en étant vandale dans la rue et dénigré par une partie de la population qui ne le considère pas comme un art à part entière.

Cette dualité est aussi entretenue par les rivalités « historiques » entre graffeurs et artistes muralistes. Si les premiers se réclament de l’antisystème et interviennent librement sur tous les supports urbains, les autres aspirent à la décoration croissantes des façades des immeubles, peintures nécessitant matériel et autorisations.

Il ne faut toutefois pas les opposer. En réalité, graffeurs et artistes contribuent à faire de nos villes des espaces d’expression nouveaux et nous ouvrent à une autre forme de pensée.

Résidence d’artiste en France par Gilles et Sylvie Iniesta

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