Quand l’art urbain embellit les villes

Quand l’art urbain embellit les villes

 

Comment égayer les villes toujours plus bétonnées et déshumanisées ?

 

Il existe de multiples possibilités pour embellir les villes : on peut verdir les espaces, couvrir les routes, recréer des espaces piétons. Ça coute cher et nécessite des travaux de grande envergure. Et quid des immeubles, des façades, des murs qui font les villes ?

La solution vient très certainement de l’art urbain. En effet, quelle solution peut prétendre à autant de bénéfices positifs que le street art? Pourquoi cet art est-il toujours considéré comme vandale alors que les façades de nos immeubles en ont tant besoin?

L’art urbain embellit les villes, assurément. Analysons les bénéfices.

 

Une planète urbaine

Nous vivons dans un monde qui s’urbanise à une vitesse sans précédent dans l’histoire. Avec plus de 50% de la population mondiale dans les villes, les agglomérations enflent.

A horizon 2050, les densités de population des villes vont s’accroître considérablement. Elles représentent une vraie menace pour les municipalités dans leur gestion quotidienne des ressources et de leur traitement.

Les villes deviennent donc toujours plus tentaculaires, les faubourgs s’agrandissent et les espaces verts s’amenuisent. Les centres-villes s’éloignent et sont plus difficilement accessibles. Ils laissent place à des quartiers dortoirs sans intérêts ou à des villes nouvelles sans âme particulière.

Les services publics délaissent ces quartier, engendrant un impact psychologique négatif sur les habitants. Qui est heureux quand son horizon se limite à des murs en parpaing, béton ou autres briques ? Qui peut entrevoir un jour meilleur dans une forêt de béton ?  Déprimant, vraiment.

 

L’art urbain transforme positivement des lieux

L’art urbain, présent dans toutes les villes importantes – ou de taille plus modeste – du monde est un formidable moyen d’embellir les façades sans âme. Les fresques apportent de la couleur à ces quartiers de plus en plus déshumanisés. De fait, un nombre croissant d’artistes investissent les tiers lieux, les quartiers et certaines zones délaissées pour en bombarder les murs.

Ainsi, des ruines d’immeubles s’éclairent sous un jour nouveau à Sao Paulo ou à New York.

Des villes comme Los Angeles, Berlin et Sao Paulo transforment leurs friches en musées à ciel ouvert. Les artistes peignent des quartiers entiers à Londres et à Séoul. Le street art est là, il s’invite partout où il le peut.

 

L’artiste El Seed transforme un quartier au Caire

El Seed anamorphosis in Cairo

Des artistes engagés comme El Seed s’accaparent les endroits les plus mal considérés, comme le quartier de Manchiet Nasser, au Caire. Dans ce dédale de ruelles réside la communauté copte de Zaraeeb qui collecte les ordures de la ville depuis des décennies. Cette communauté de petites gens a la particularite d’avoir mis au point le système de recyclage des ordures le plus efficace et le plus rentable au niveau mondial !

Et pourtant, cet endroit est perçu comme sale, il est marginalisé et tenu à part.

El Seed y a créé une anamorphose géante qui a non seulement permis de rendre un hommage vibrant au “peuple des poubelles”, mais a également attiré l’attention sur leur système exceptionnel de gestion des ordures. Cette action a pour nous une résonance émotionnelle forte et nous inspire.

L’art est un moyen non seulement d’embellir les quartiers, mais aussi d’attirer positivement la lumière sur eux.

 

Alors, l’art participe-t-il de l’embellissement des villes?

 

L’ensemble de ces actions marche effectivement ! Nous assistons dans le monde à des revitalisations des friches où sont regroupées les plus grandes fresques. L’art urbain rapproche les communautés, les habitants se réapproprient les lieux. Il n’est pas rare qu’une dynamique nouvelle s’opère au sein de ces quartiers, créatrice de valeur, de culture et de partage des lieux.

 

Une solution vertueuse a plusieurs titres

Le street art est une solution vertueuse : un cout abordable, des artistes rémunérés, un bien-être collectif. Quelle solution peut prétendre à autant de bénéfices positifs que le street art ?

 

Un cout abordable

Une façade est avant tout une surface à peindre. Le cout des peintures au m2 n’est pas élevé, indépendamment du nombre de couleurs. Les aplats de base peuvent-être déposés au rouleau, et les détails des fresques être réalisées au spray. Il existe autant de marques de peinture sur le marché que de prix et spécificités. les artistes connaissent les propriétés de chaque marque et savent les utiliser et les mélanger au juste besoin.

 

Les couts des besoins annexes, tels que les chariots élévateurs et autres nacelles se gèrent au temps, et les artistes travaillent souvent sans relâche lors de la réalisation de fresques majeures. Les municipalités ainsi que les entreprises spécialisées dans ces fournitures peuvent travailler de concert et limiter les couts en négociant des usages à l’année.

 

 Des artistes rémunérés

Les artistes n’ont pas beaucoup de sources de revenus. Elles proviennent soit de la vente de leurs œuvres soit de travaux commissionnés. Les municipalités là aussi jouent un rôle moteur en dédiant des budgets aux artistes et à leurs réalisations. En comparaison de nombreux autres investissements souvent invisibles aux yeux des contribuables, ceux-ci sont associés de façon transparente aux fresques visibles dans la rue.

Par ailleurs, dans la mesure où ces travaux sont commissionnés, des entreprises publiques ou privées peuvent participer au financement de ces fresques. A l’ère de la communication tout azimut, nul doute que les entreprises ont beaucoup à gagner en finançant les artistes :  image positive, engagement dans l’art, participation à l’embellissement des villes, pour ne citer que ces bénéfices.
Enfin, au regard des couts de campagne de communication, l’usage de ce biais est indéniablement intéressant d’un point de vue retour sur investissement.

 

Un bien-être collectif

Prenons l’exemple du 13ième arrondissement à Paris. Un quartier représentatif de tant d’autres, avec ses barres d’habitations, ses axes routiers traversants, et beaucoup de béton concentré dans un espace réduit. Au long des années, grâce aux pouvoirs publics locaux, aux associations, aux artistes, ce quartier s’est métamorphosé. Enrichi de fresques monumentales, le gris a pris des couleurs.
Le quartier s’en trouve visiblement transformé, pour ses résidents comme pour les amateurs de street art qui affluent depuis à la découverte des fresques.

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Cet exemple parmi tant d’autres illustre l’apport positif du street art aux quartiers et villes du monde. L’art urbain apporte de la couleur, de la rêverie, favorise les échanges. Il agit sur les économies locales des quartiers dans lesquels il est implanté. Il fait partie de la vie quotidienne de millions d’urbains dans le monde, transformant petit à petit les villes.

 

L’art urbain embellit les villes

Alors, l’art urbain participe t-il de l’embellissement des villes? De fait, l’embellissement des villes participe-t-il au bien-être des urbains ? Assurément.

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